Cours de civilisation

 

Dette symbolique / Dette réelle

par Maria Kakogianni,

Écrivaine et enseignante de philosophie à l’Université Paris 8

Si la Révolution Française inaugure la modernité politique, en l’espace de quelques années, deux autres révolutions, celle d’Haïti (1791) et celle de Grèce (1821) vont établir des liens inextricables entre le projet d’émancipation politique et la gestion par la dette. Nous verrons comment, depuis son indépendance de l’empire ottoman, la Grèce moderne a été construite par et pour la dette. En effet, durant les neuf ans de la révolution grecque les Etats européens ont massivement prêté des fonds au nouvel Etat grec, et dès 1848 le pays fait l’objet des négociations serrées car il ne parvient pas à rembourser ses créanciers. Mais la Grèce semble avoir une place singulière dans cette modernité politique : sa dette économique est accompagnée par une dette symbolique qui fonctionne à l’envers. Si la Grèce « nous » doit beaucoup d’argent, en même temps « nous » lui devons beaucoup. Au moment même où l’orientalisme voit le jour, dans la fascination de l’exotisme des « autres », l’occidentalisation de la Grèce est nécessaire afin d’assurer que toutes ces inventions de la Grèce classique (le théâtre, la philosophie, la démocratie) fassent partie du patrimoine de l’Occident. Les puissances européennes vont alors financer son « indépendance » au prix d’une dette impayable.

Vendredi 15 mars 2019 ( 19h00-21h00 ) - AGECA 177, rue de Charonne 75011 Paris M° Alexandre Dumas PAF 5 €

La discussion se prolongera autour du verre de l’amitié

Pré-inscriptions conseillées : 01.49.29.05.32 / graikos@phonie-graphie.org ou dans le cahier disponible aux cours

 
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